Juventus contre Inter : l'histoire du Derby d'Italia
Le classique qui divise l'Italie sans partager une ville : comment est née la rivalité entre la Juventus et l'Inter, de Gianni Brera au Calciopoli.

22 août 2026 à 03:50 · il y a 2 h · 2 min de lecture
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Le Derby d'Italia est le classique national de l'Italie : la Juventus et l'Inter ne partagent pas une ville, ils se partagent un pays. D'un côté, le club de la famille Agnelli, le plus titré du football italien ; de l'autre, la fierté de Milan, définie par une marque unique : l'Inter n'est jamais descendu en deuxième division. C'est le match le plus chargé du calendrier italien, et l'une des rares rivalités au monde née dans la presse avant de naître dans les tribunes.
D'où vient le nom
Le baptême a un auteur et une date : le journaliste Gianni Brera, le plus grand chroniqueur sportif d'Italie, a forgé Derby d'Italia en 1967. L'idée était simple : un derby sans ville, disputé par les deux clubs qui polarisaient le pays entier, le Turin industriel contre le Milan cosmopolite. Le nom est resté parce qu'il décrivait une vérité : où que le match se joue, la moitié de l'Italie est contre l'autre.
Dans les chiffres, la Juventus domine nettement : 36 titres italiens contre 20 pour l'Inter, et les deux décomptes se touchent sur un point douloureux, le championnat 2006, retiré à la Juventus par les tribunaux et attribué à l'Inter. Chaque camp le compte comme sien, et aucun tableau ne clora ce débat.
Les chapitres devenus légende
En 1961, le titre s'est décidé hors du terrain : une invasion de pelouse, un résultat annulé par la justice sportive et un match rejoué que la Juventus a gagné 9 à 1, avec six buts d'Omar Sívori. En 1998, une seule action est entrée pour toujours dans le vocabulaire du classique : le choc entre Ronaldo et Iuliano dans la surface de la Juventus, le penalty non sifflé le plus discuté de l'histoire du football italien, débattu jusqu'au parlement.
En 2006, l'affaire Calciopoli a porté la rivalité à ébullition : la Juventus a été rétrogradée par décision de justice, privée de deux titres, dont l'un a été attribué à l'Inter, qui a ensuite enchaîné l'ère la plus victorieuse de son histoire. Pour le tifoso juventin, ce titre a le mauvais propriétaire ; pour l'interiste, c'est une justice tardive. Le classique ne s'est plus jamais joué sans cette toile de fond.
Le classique en chiffres
| Palmarès | Juventus | Inter |
|---|---|---|
| Championnat d'Italie | 36 | 20 |
| Coupe d'Italie | 15 | 9 |
| Ligue des champions | 2 | 3 |
Au fond, le Derby d'Italia dure parce que les rôles ne changent jamais : la Juventus avec la plus grande armoire à trophées du pays, l'Inter avec la seule histoire sans relégation, et toute l'Italie sommée de choisir un camp. Il n'y a pas de terrain neutre dans un match qui porte le nom du pays lui-même.
Questions fréquentes
- Pourquoi Derby d'Italia si les clubs ne sont pas de la même ville ?
- Le nom a été forgé par le journaliste Gianni Brera en 1967 précisément pour cela : un derby national, entre les deux clubs qui divisent le pays entier, Turin d'un côté et Milan de l'autre.
- Qui a le plus de titres, la Juventus ou l'Inter ?
- La Juventus mène avec 36 championnats d'Italie contre 20 pour l'Inter. Le titre 2006 est revendiqué par les deux camps : retiré à la Juventus dans l'affaire Calciopoli, il a été attribué à l'Inter.
- Qu'est-ce que le Calciopoli ?
- Le scandale arbitral révélé en 2006. La Juventus a été rétrogradée en Serie B et privée de deux titres, dont l'un attribué à l'Inter, faisant de la rivalité le chapitre le plus amer du football italien.
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