Gegenpressing : le pressing qui a manqué à Klopp avec l'Allemagne
Le gegenpressing n'est pas synonyme de pressing haut : ce que c'est, qui l'a créé, comment on le mesure et ce que disent les données, de Rangnick à Klopp.


Jürgen Klopp est sorti de son premier match à la tête de l'Allemagne avec un manque bien précis : le gegenpressing. « Je l'ai vu, mais j'aimerais le voir beaucoup plus », a-t-il dit, selon l'analyse publiée le 25 septembre 2026 par la Sportschau, de l'ARD, dans un texte qui rappelle que le terme est entré dans la langue anglaise grâce à lui. C'est l'occasion de décortiquer le pressing haut avec des chiffres et des sources : ce qu'est le gegenpressing, d'où il vient, comment on le mesure et ce que disent les données publiques sur son efficacité. Je donne la conclusion d'emblée, parce qu'elle dérange. La définition est solide. La mesure du pressing haut que décrivent Wyscout et Stats Perform a un angle mort que Stats Perform elle-même a reconnu par écrit. Et la preuve que presser davantage fait gagner davantage n'est apparue dans aucune des sources que cette analyse a pu ouvrir.
Gegenpressing : ce que c'est et ce qui le distingue du pressing haut
La définition de départ vient de Coaches' Voice. Dans un texte du 1er mars 2022, le journaliste Ali Tweedale décrit le contre-pressing comme une manière de déstabiliser l'adversaire dès la perte du ballon, au moment de la transition défensive : plusieurs joueurs se jettent agressivement sur le ballon et sur les adversaires proches pour le récupérer le plus vite possible, avant que l'adversaire ne s'installe. Le site allemand Spielverlagerung, spécialisé en tactique, dit la même chose avec une précision d'ingénieur : le gegenpressing est le pressing immédiatement après une perte de balle, avec une défense normalement déjà organisée parce que les joueurs se sont placés par anticipation pendant la possession. À mon sens, cette dernière précision est la plus importante, et c'est celle qui disparaît le plus vite quand le sujet devient une discussion de tribune : le pressing après la perte ne commence pas à la perte, il commence avant, dans la façon dont l'équipe se place quand elle a le ballon.
Le gegenpressing n'est donc pas un synonyme du pressing haut. Coaches' Voice traite le pressing, l'acte de mettre la pression sur le ballon, comme l'un des cinq principes défensifs du jeu, présent depuis l'invention du football ; le gegenpressing en est le cas particulier défini par le moment, juste après la perte. Le pressing haut, dans les données, se mesure par l'endroit. Wyscout présente le PPDA, sigle anglais de passes par action défensive, comme une mesure de l'intensité du pressing haut, et le calcul divise les passes de l'adversaire dans les 60 % du terrain les plus proches de son propre but par les actions défensives de l'équipe qui presse à cet endroit. À mon sens, les deux idées se croisent quand le ballon est perdu près du but adverse et se séparent loin de lui : Coaches' Voice décrivait, en 2022, Marcelo Bielsa demandant un contre-pressing agressif sur tout le terrain, ce qui inclut des zones que le PPDA ne regarde même pas.
Qui a inventé le gegenpressing : une idée aux multiples pères
Le mot est allemand, et l'idée a plusieurs pères. Coaches' Voice indique que le terme anglais counter-pressing est la traduction de « gegenpress » et cite des entraîneurs allemands qui ont développé et utilisé cette stratégie dans divers clubs : Wolfgang Frank, Ralf Rangnick, Jürgen Klopp, Thomas Tuchel et Julian Nagelsmann. Le pressing a sa propre lignée. Selon la même plateforme, il a pris de l'importance à partir des années 1960, quand Viktor Maslov, Ernst Happel, Rinus Michels, Valeriy Lobanovskyi et Arrigo Sacchi ont fait adopter à leurs équipes un pressing agressif. Klopp n'apparaît comme créateur dans aucune des sources de cette analyse. Ce que la Sportschau a écrit, c'est que le terme est entré dans la langue anglaise grâce à lui. Populariser n'est pas inventer, et ce n'est que dans ce sens qu'on peut parler du gegenpressing de Klopp.
Ralf Rangnick a raconté sa propre version de cette lignée dans un texte à la première personne publié par Coaches' Voice le 22 octobre 2020. Par une froide journée de février 1983, alors entraîneur-joueur du FC Viktoria Backnang, en sixième division, il a affronté le Dynamo Kiev de Valeriy Lobanovskyi, le premier adversaire qu'il ait vu presser le ballon de façon systématique, et il appelle ce moment son épiphanie. Dans le même texte, il évoque Helmut Groß, ingénieur en structures qui avait appris la tactique en autodidacte et avec qui il a écrit des manuels d'entraînement, et les vidéos de l'AC Milan d'Arrigo Sacchi que des amis lui envoyaient d'Italie. En 1998, entraîneur du SSV Ulm, en deuxième division allemande, il est passé à la télévision pour plaider pour la défense à quatre en ligne, et dans le pays qui avait donné au monde le libéro, cela a sonné presque comme une hérésie. Felix Magath, raconte Rangnick, avait l'habitude de dire que « la tactique, c'est pour les mauvais joueurs ».
| Quand | Ce qui s'est passé | Source |
|---|---|---|
| À partir des années 1960 | Maslov, Happel, Michels, Lobanovskyi et Sacchi font presser leurs équipes de façon agressive | Coaches' Voice |
| Février 1983 | Rangnick, entraîneur-joueur du Viktoria Backnang, affronte le Dynamo Kiev de Lobanovskyi, le premier adversaire qu'il ait vu presser le ballon de façon systématique | Rangnick, dans Coaches' Voice |
| 1998 | Entraîneur du SSV Ulm, Rangnick passe à la télévision pour plaider pour la défense à quatre en ligne | Rangnick, dans Coaches' Voice |
| 2014 | Colin Trainor introduit le PPDA | Wyscout |
| 22 octobre 2020 | Rangnick raconte que les 8 à 10 secondes après avoir gagné ou perdu le ballon décident des matchs | Coaches' Voice |
| 1er mars 2022 | Ali Tweedale publie la définition du contre-pressing utilisée dans cette analyse | Coaches' Voice |
| 30 décembre 2024 | Joris Bekkers soumet à arXiv l'intensité de pressing, une mesure fondée sur le temps d'interception (deuxième version le 30 juin 2025) | arXiv |
| 25 septembre 2026 | La Sportschau rapporte que Klopp, après son premier match à la tête de l'Allemagne, aimerait voir beaucoup plus de gegenpressing | Sportschau |
| 27 septembre 2026 | Allemagne-Grèce à Augsbourg, premier match de Klopp à domicile, prévu à 20 h 45 | DFB |
Ce que cela dit : d'après les sources du tableau, le pressing a pris de l'importance à partir des années 1960, et le PPDA, mesure créée pour quantifier l'intensité du pressing haut, n'a été introduit qu'en 2014, selon Wyscout. Une lecture possible est que la réputation du pressing s'est construite pendant des décennies dans l'œil des entraîneurs avant que le PPDA ne lui donne un chiffre.
« Le meilleur meneur de jeu du monde » : la phrase attribuée à Klopp sans origine retrouvée
Il existe une phrase que des sites de football attribuent à Klopp : le gegenpressing serait « le meilleur meneur de jeu du monde ». Le problème, c'est l'origine. Spielverlagerung emploie l'expression en allemand, « besten Spielmacher der Welt », sans note, lien ni entretien. VOOR Sport écrit dans son titre que le contre-pressing est le « meilleur meneur de jeu » de Klopp et, quand il cite réellement l'entraîneur, rapporte une autre phrase : « perdre le ballon n'est pas le problème », complétée par l'idée que ce qui compte, c'est la vitesse à laquelle on le récupère. Celle-là aussi arrive sans date ni média d'origine. Dans les sources de cette analyse, aucun entretien original n'est apparu pour l'une ou l'autre. J'emploie donc l'expression pour ce qu'elle est : une phrase attribuée à Klopp et reprise par des sites de football, pas une citation datée. Celle qui a une date, un média et un contexte est bien moins poétique, et elle figure plus bas, à propos de son premier match à la tête de l'Allemagne.
Comment mesurer le pressing haut au football : PPDA et récupérations de balle
Colin Trainor a introduit le PPDA en 2014, selon le glossaire de Wyscout, et le calcul tient sur une serviette en papier : les passes que l'adversaire commence dans les 60 % du terrain de son côté, divisées par la somme des actions défensives de l'équipe qui presse dans la même zone, c'est-à-dire fautes, interceptions, duels défensifs gagnés et tacles glissés. Plus le chiffre est bas, plus le pressing est intense. Stats Perform (Opta) décrit le même calcul comme les passes adverses permises par action défensive dans les 3/5 défensifs du terrain de l'adversaire. Pour donner l'échelle, Wyscout indique que le PPDA moyen par saison dans les cinq grands championnats européens en 2018/19 était de 11,01 ; Eibar avait le plus bas, 6,72, et Nuremberg le plus haut, 18,21, soit le pressing le moins intense de l'échantillon. Les tableaux qui suivent montrent le calcul sur un match, la liste des PPDA les plus bas d'une saison et d'autres mesures du pressing.
| Exemple de Wyscout : Liverpool-Manchester United, 20 octobre 2019 | Chiffre |
|---|---|
| Passes de Manchester United dans les 60 % du terrain de son côté | 207 |
| Duels défensifs gagnés par Liverpool dans cette zone | 10 |
| Interceptions de Liverpool dans cette zone | 16 |
| Fautes de Liverpool dans cette zone | 11 |
| Tacles glissés de Liverpool dans cette zone | 3 |
| Somme des actions défensives de Liverpool | 40 |
| PPDA de Liverpool (207 divisé par 40, arrondi) | 5,2 |
Ce que cela dit : dans l'exemple de Wyscout, Manchester United a joué 207 passes dans les 60 % du terrain de son côté et Liverpool a répondu par 40 actions défensives dans cette zone, une pour 5,2 passes. Une lecture possible est que le PPDA compte combien de fois l'équipe qui presse interrompt l'adversaire, et non si ces interruptions ont débouché sur une occasion ou un but, qui restent hors du calcul.
La liste de Stats Perform pour la saison 2015/16 montre ce que voit le PPDA quand il regarde des championnats entiers. Parmi les cinq grands championnats et l'Eredivisie, les dix équipes au PPDA le plus bas allaient de 7,5 à 8,82, avec trois représentants de LaLiga, deux de la Ligue 1, deux de la Bundesliga, deux de la Serie A et un de la Premier League ; aucun de l'Eredivisie n'est entré dans la liste. Le repère de Wyscout pour 2018/19, cité plus haut, vient d'une autre saison et d'un autre fournisseur, et les deux ne se comparent pas chiffre à chiffre. C'est la deuxième place qui mérite l'attention, et Stats Perform elle-même soulève le doute à son sujet.
| Rang | Équipe | Championnat | PPDA en 2015/16 |
|---|---|---|---|
| 1 | FC Barcelone | LaLiga | 7,5 |
| 2 | Paris Saint-Germain | Ligue 1 | 7,55 |
| 3 | Lyon | Ligue 1 | 7,75 |
| 4 | Bayer Leverkusen | Bundesliga | 7,82 |
| 5 | Fiorentina | Serie A | 8 |
| 6 | Celta Vigo | LaLiga | 8,13 |
| 7 | Tottenham | Premier League | 8,2 |
| 8 | Bayern Munich | Bundesliga | 8,49 |
| 9 | Rayo Vallecano | LaLiga | 8,54 |
| 10 | Lazio | Serie A | 8,82 |
Ce que cela dit : dans la liste de Stats Perform, le Paris Saint-Germain apparaît 2e, avec 7,55, et l'entreprise elle-même écrit qu'une raison possible est la domination territoriale, qui rapproche les actions défensives du but adverse même sans style de pressing. Une lecture possible est qu'un PPDA bas, à lui seul, ne distingue pas l'équipe qui presse de l'équipe qui vit simplement dans le camp adverse.
| Mesure | Qui l'a créée ou la publie | Ce qu'elle mesure | Réserve |
|---|---|---|---|
| PPDA (passes par action défensive) | Colin Trainor, en 2014 ; décrit par Wyscout et Stats Perform | Passes de l'adversaire dans les 60 % du terrain de son côté, divisées par les actions défensives de l'équipe qui presse à cet endroit | Selon Stats Perform, il se confond en partie avec la domination territoriale |
| Récupération | Wyscout | Action qui met fin à la possession adverse et lance celle de sa propre équipe ; en général un duel (44 %) ou une interception (16 %) | Peut survenir sans action particulière, par un simple bon placement |
| Récupération sur contre-pressing | Wyscout | Sous-type de récupération dans le catalogue d'événements de Wyscout | Définition détaillée non vérifiée : la page du sous-type a renvoyé une erreur 404 le 26 septembre 2026 |
| Récupérations par 90 minutes | Wyscout | Nombre de récupérations, rapporté à 90 minutes | Compte les récupérations dans toutes les zones du terrain |
| Récupérations dans le camp adverse par 90 minutes | Wyscout | Récupérations dans le camp de l'adversaire, rapportées à 90 minutes | - |
| Intensité de pressing | Joris Bekkers, prépublication sur arXiv (2024, deuxième version en 2025) | Temps d'interception, calculé à partir des données de position, de mouvement et de vitesse des joueurs puis converti en probabilité | Sans relecture par les pairs ; ne teste pas l'effet sur les buts ou les victoires |
Ce que cela dit : des six mesures du tableau, seule la récupération sur contre-pressing, de Wyscout, porte le moment de la perte du ballon dans son nom, et c'est la seule de la liste sans définition vérifiée au 26 septembre 2026. Cela suggère, sans le prouver, que le gegenpressing est plus facile à voir en vidéo qu'à trouver sous forme de chiffre public.
Le gegenpressing fonctionne-t-il ? Ce que montrent les preuves, et ce qu'elles ne montrent pas
Pourquoi le gegenpressing devrait fonctionner est une question à laquelle, dans les sources de cette analyse, on répond par la logique du jeu, pas par un tableur. La définition de Coaches' Voice contient déjà l'argument : récupérer le ballon avant que l'adversaire ne s'installe avec lui. Rangnick, dans son récit de 2020, va plus loin. Pour lui, il se passe tellement de choses dans les 8 à 10 secondes après que le ballon a été gagné ou perdu que « ces moments décident des matchs », et une grande partie de l'entraînement était consacrée à ce qu'il appelait le comportement d'essaim, le mouvement synchronisé des joueurs. Le même texte d'Ali Tweedale pour Coaches' Voice relève des variantes : Pep Guardiola a fusionné le contre-pressing agressif avec le jeu de possession, et le contre-pressing de Ralph Hasenhüttl au milieu de terrain s'est révélé, selon le journaliste, un moyen productif de créer des occasions en contre-attaque. Ce sont des arguments et des appréciations, et aucun ne s'accompagne d'une mesure d'effet.
Quand on cherche le chiffre, le sol devient plus meuble. Stats Perform écrit, dans le texte où elle explique comment elle mesure le pressing, que le pressing haut est l'un des sujets du football où l'écart entre l'intérêt des analystes et la capacité à le chiffrer est le plus grand. Joris Bekkers part d'un diagnostic proche dans une prépublication, un article diffusé sans relecture par les pairs, qu'il a soumise à arXiv le 30 décembre 2024 et mise à jour le 30 juin 2025 : selon lui, les mesures de pressing disponibles manquent souvent de précision ou laissent de côté une bonne partie de ce que disent les données sur la position, le mouvement et la vitesse des joueurs. Sa proposition consiste à mesurer le temps d'interception et à le convertir en probabilité. C'est une tentative de mieux mesurer, et la limite tient au périmètre : le travail ne teste pas si davantage de pressing, mesuré ainsi, produit plus d'occasions, de buts ou de victoires.
La base de données de Soccer Addicted ne mesurait pas, en septembre 2026, le pressing, le contre-pressing ni les récupérations de balle. La donnée la plus proche qu'elle avait portait sur la possession, et elle fait écho à une autre phrase de Rangnick dans son récit de 2020 : avec trop de possession, disait-il, le jeu « ressemble au handball » et ne mène nulle part. Dans la mesure du 25 septembre 2026, portant sur 29 821 matchs terminés de 17 championnats nationaux où la fiche statistique existait pour les deux équipes, il y a eu 7 723 matchs où une équipe a eu 62,5 % ou plus du ballon, et cette équipe a gagné 49,9 % de ceux qui ont eu un vainqueur. Sans le match nul dans le calcul, 50 % correspond à un pile ou face. Dans cet échantillon, avoir le ballon en quantité écrasante n'a pas séparé les vainqueurs des perdants, ce qui, à mon sens, rejoint la méfiance de Rangnick et ne dit rien sur le pressing.
Et le coût physique ? La seule source relue par les pairs sur ce point que cette analyse a pu ouvrir ne soutient pas proprement l'idée que courir davantage se paie en blessures. L'étude de Tania Nilsson et de ses coauteurs est parue le 9 septembre 2025 dans BMJ Open Sport & Exercise Medicine et a suivi pendant quatre saisons 25 joueurs de trois clubs professionnels de la première division suédoise. La charge externe d'entraînement, mesurée en accélérations, décélérations, course à haute vitesse et sprints, a été croisée avec 25 blessures aux ischio-jambiers, les muscles de l'arrière de la cuisse. Les auteurs ont trouvé une grande variabilité individuelle et aucune tendance cohérente à l'échelle du groupe, et concluent que la charge à court terme, seule, pourrait avoir une utilité limitée pour prédire ce risque. Deux réserves pèsent : l'étude est exploratoire et n'isole pas le pressing comme variable. À mon sens, elle n'absout ni ne condamne le gegenpressing.
| Source | Échantillon | Ce qu'elle mesure | Ce qu'elle a trouvé | Teste-t-elle si presser fait gagner ? |
|---|---|---|---|---|
| Stats Perform (Opta) | Cinq grands championnats et Eredivisie, 2015/16 | PPDA des équipes | Paris Saint-Germain 2e, peut-être en raison de la domination territoriale | Non |
| Wyscout | Cinq grands championnats, 2018/19 | PPDA des équipes | Moyenne de 11,01 par saison | Non |
| Joris Bekkers, arXiv (prépublication, 2024) | Non indiqué dans le résumé | Temps d'interception, avec des données de position et de vitesse | Une mesure de l'intensité du pressing | Non |
| Nilsson et coauteurs, BMJ Open Sport & Exercise Medicine (2025) | 25 joueurs de 3 clubs de la première division suédoise, 4 saisons | Charge externe d'entraînement et 25 blessures aux ischio-jambiers | Aucune tendance cohérente à l'échelle du groupe | Non, et elle n'isole pas le pressing |
| Base de Soccer Addicted (25 septembre 2026) | 29 821 matchs de 17 championnats nationaux | Possession de 62,5 % ou plus, dans 7 723 matchs | Victoire dans 49,9 % des matchs avec un vainqueur | Non, et elle ne mesure pas le pressing |
Ce que cela dit : aucune des cinq sources du tableau ne teste si presser davantage mène à plus de buts ou de victoires, et la seule relue par les pairs, avec 25 joueurs de clubs suédois, n'a pas trouvé de tendance de groupe entre charge d'entraînement et blessure. Une lecture possible est que l'efficacité du gegenpressing repose, dans les sources de cette analyse, sur la logique du jeu et le témoignage d'entraîneurs, ce qui n'est pas la même chose que prouver qu'il ne fonctionne pas.
Klopp et le gegenpressing avec l'Allemagne : ce qu'ont montré ses débuts
Lors des débuts de Klopp à la tête de l'Allemagne, face aux Pays-Bas, le gegenpressing est apparu par morceaux. Le site allemand ran, dans une analyse de Justin Kraft mise à jour le 25 septembre 2026, a écrit que l'Allemagne avait joué avec une grande intensité et que le pressing offensif avait très bien fonctionné en début de match, avec des « récupérations de balle intéressantes », selon les mots de Joshua Kimmich. Le deuxième point salué a été la rapidité avec laquelle l'équipe se replaçait derrière le ballon quand la récupération haute échouait. La Sportschau a noté l'autre moitié : Klopp a dit avoir vu du gegenpressing, mais vouloir en voir beaucoup plus, que les automatismes sans ballon devaient paraître bien plus naturels et que l'équipe avait « trop peu joué au football ». Selon les données citées par la Sportschau, l'Allemagne n'a cadré aucun tir sur le but néerlandais en deuxième période, et sa part de possession est tombée sous les 40 %.
Ma lecture, pour conclure : le gegenpressing a gagné sa renommée comme idée, et le chiffre public qui la confirmerait n'est pas apparu dans les sources de cette analyse. La logique est bonne. Attaquer le ballon avant que l'adversaire ne s'organise, avec sa propre défense déjà en place, a du sens sur n'importe quel tableau noir. Mais le PPDA se confond en partie avec le territoire, la seule mesure du tableau qui porte le moment de la perte dans son nom est restée sans définition vérifiée, et l'étude relue par les pairs sur la charge physique que cette analyse a ouverte ne tranche pas la question. La Sportschau a vu contre les Pays-Bas des traces du football de Klopp. Le match suivant, contre la Grèce, a été fixé par la DFB au 27 septembre 2026, à 20 h 45, à la WWK Arena d'Augsbourg, comme le premier match de Klopp à domicile. La question de savoir si le pressing gagne des matchs réclame des données ouvertes, pas des formules toutes faites.
À lire aussi
- Coaches' Voice: Counter-pressing and the gegenpress: football tactics explained (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Spielverlagerung: Gegenpressing (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Wyscout: PPDA (Passes per defensive action) (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Wyscout: Recovery (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Stats Perform: How we measure pressure (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- arXiv: Pressing Intensity: An Intuitive Measure for Pressing in Soccer (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- BMJ Open Sport & Exercise Medicine: Hamstring injury risk in male professional football: do external training loads play a… (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Coaches' Voice: My Epiphany (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- VOOR Sport: Counterpressing, Jürgen Klopp's 'Best Playmaker' (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Sportschau: DFB-Team: Spurenelemente vom Fußball von Jürgen Klopp (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- ran: DFB-Team - Debüt von Jürgen Klopp zeigt: Das größte Problem ist nicht die Taktik (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- DFB: FAQ: Nations-League-Spiel gegen Griechenland in Augsburg live in der ARD (s'ouvre dans un nouvel onglet)
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le gegenpressing ?
- Le gegenpressing, ou contre-pressing, est le pressing juste après la perte du ballon, à la transition défensive : plusieurs joueurs attaquent le ballon et les adversaires proches pour le récupérer avant que l'adversaire ne s'organise. C'est la définition de Coaches' Voice (2022) et, en allemand, du site tactique Spielverlagerung.
- Qu'est-ce que le pressing haut au football ?
- C'est la pression sur l'adversaire loin de son propre but. Sa mesure de référence est le PPDA, créé par Colin Trainor en 2014 : selon Wyscout, il divise les passes adverses dans les 60 % du terrain les plus proches du but adverse par les actions défensives de l'équipe qui presse. Plus le chiffre est bas, plus le pressing est intense.
- Quelle différence entre gegenpressing et pressing haut ?
- Le gegenpressing se définit par le moment : presser juste après la perte du ballon, partout sur le terrain. Le pressing haut se mesure par l'endroit : le PPDA ne compte que ce qui se passe dans les 60 % du terrain les plus proches du but adverse. Les deux coïncident quand le ballon est perdu près de ce but, sans être synonymes.
- Qui a inventé le gegenpressing ?
- Les sources ne désignent aucun créateur unique. Le mot vient de l'allemand « gegenpress », et Coaches' Voice attribue son développement à des entraîneurs allemands comme Wolfgang Frank, Ralf Rangnick, Jürgen Klopp, Thomas Tuchel et Julian Nagelsmann. Le pressing a pris de l'importance dès les années 1960, avec Lobanovskyi ou Sacchi.
- Le gegenpressing fonctionne-t-il ?
- En septembre 2026, aucune étude consultée par Soccer Addicted ne reliait presser plus à gagner plus. Stats Perform (Opta) note que le PPDA se confond en partie avec la domination territoriale, et une étude relue par les pairs de 2025, sur 25 joueurs de clubs suédois, n'a trouvé aucun schéma de groupe entre charge et blessure.
- Klopp utilise-t-il le gegenpressing avec l'Allemagne ?
- Après son premier match avec l'Allemagne, Klopp a dit avoir vu du gegenpressing, mais en vouloir beaucoup plus, et que les automatismes sans ballon devaient être plus naturels, selon la Sportschau du 25 septembre 2026. Le site ran a vu un bon pressing en début de match. Le match suivant, contre la Grèce, a été fixé au 27 septembre 2026.






