Hat-trick, poker et autres termes du football : le guide
Hat-trick, poker, doublé, cage inviolée, petit pont : ce que signifient les termes les plus célèbres du football, leur origine et leurs variantes selon les pays.


Un hat-trick désigne trois buts inscrits par le même joueur dans une seule rencontre ; un poker, quatre buts du même joueur dans ce même match. Aucun de ces mots ne figure dans les Lois du jeu, qui encadrent la pratique mais ne disent rien du nombre de buts attribués à un individu. Ce sont des conventions nées dans les tribunes de presse, adoptées par le public, puis devenues langage courant. Les comprendre, c'est comprendre comment le football fabrique son lexique : moitié tradition anglaise, moitié emprunts à d'autres jeux.
Dans son acception la plus large, le hat-trick réclame simplement trois buts dans le même match, quel que soit l'ordre, le moment ou la manière. Les penaltys comptent, les buts en prolongation comptent, et une frappe déviée par un défenseur est généralement créditée à l'attaquant si elle allait vers le but. Les tirs au but d'une séance ne comptent jamais, la séance étant une procédure de départage et non une part du score. Pour deux buts, le français dit doublé, l'anglais brace, l'italien doppietta.
Ce qui compte comme but d'un joueur
Tous les buts n'ont pas un auteur évident. La statistique officielle traite le doute avec plus de rigueur que la discussion de comptoir. Un but contre son camp ne compte jamais pour celui qui l'a marqué : Opta, le fournisseur officiel de données de la Premier League, l'attribue à l'équipe qui en a profité, sans joueur attaquant associé. Un but marqué lors de la séance de tirs au but ne compte pas non plus. La séance ne commence qu'une fois la rencontre officiellement terminée, et le résultat retenu traite le match comme un nul jusque là, quel que soit le score de la séance.
Le cas qui fait débat est la déviation : si la frappe initiale allait déjà au but, celui-ci reste à son auteur ; si la déviation envoie au fond un ballon qui partait à côté, le crédit revient à celui qui a donné la touche décisive. La Premier League tranche ces cas avec un panel permanent, le Goal Accreditation Panel, appelé jusqu'à récemment Dubious Goals Committee : trois personnes, un représentant de Pro Ref et deux experts du football, qui examinent l'action dès que la paternité du but est incertaine, leur identité restant secrète pour protéger la décision de la pression des clubs ou des joueurs.
La paternité d'un but n'est pas qu'une curiosité de statisticien. Les contrats de joueurs prévoient régulièrement des primes au but marqué, les récompenses de meilleur buteur dépendent du chiffre exact, et une course au soulier d'or tranchée par un but mal attribué devient un problème d'image pour la compétition elle-même. En dehors de la Premier League, cette rigueur n'a pas la même vitrine publique : cette enquête n'a trouvé, ni en Bundesliga, ni en LaLiga, ni en Serie A, ni en Ligue 1, ni au Brasileirão, de processus d'arbitrage statistique rendu public avec le même niveau de détail, ce qui ne prouve pas qu'aucun n'existe, seulement qu'aucun des cinq ne le publicise comme le fait la Premier League.
L'assistance vidéo a changé le moment où un triplé devient officiel. Un troisième but annulé par la VAR pour hors-jeu ou pour une faute dans l'action qui l'a précédé ne compte jamais sur le plan statistique, même si la célébration a déjà eu lieu sur le terrain. Le triplé ne naît qu'au moment où l'arbitrage confirme le but, pas quand le ballon franchit la ligne pour la première fois aux yeux de qui regarde depuis les tribunes.
| Situation | Compte pour le triplé ? |
|---|---|
| Penalty transformé pendant le match | Compte |
| But marqué en prolongation | Compte |
| Frappe déjà cadrée, ensuite déviée | Compte, crédité au tireur |
| Frappe non cadrée, déviée au fond par un autre joueur | Compte, crédité au dernier contact |
| But contre son camp | Ne compte pas, attribué à l'équipe adverse sans buteur individuel |
| But marqué lors de la séance de tirs au but, après le nul | Ne compte pas, la séance se déroule après la fin officielle du match |
Les traditions plus strictes
La confusion vient des traditions plus strictes. En Allemagne, on a longtemps exigé trois buts dans la même période, consécutifs, sans aucune réalisation intercalée : le hat-trick classique. Le hat-trick parfait, lui, associe un but du pied droit, un du pied gauche et un de la tête, dans n'importe quel ordre. Aucune de ces variantes n'a de valeur officielle et aucune instance ne les arbitre. Elles cohabitent, et le commentateur choisit celle que son auditoire reconnaît immédiatement, sans autre autorité que l'usage.
L'allemand a un mot pour la version la plus stricte du triplé, et il figure dans le Duden lui-même : lupenreiner Hattrick, le triplé sans défaut. L'exigence est double, les trois buts dans la même mi-temps, dans l'ordre direct, sans qu'aucun autre joueur ne marque entre-temps. Ce n'est la règle d'aucune fédération, c'est le dictionnaire et la presse sportive qui avancent ensemble. Le 11 mai 2025, le centre de formation a offert un cas d'école : avec l'équipe U17 du Borussia Mönchengladbach, en quart de finale de la DFB-Nachwuchsliga (le championnat des jeunes de la fédération allemande), Niko Horvat a marqué à la 63e, à la 78e et à la 88e minute lors de la victoire 4 buts à 3 contre Hoffenheim, et la DFB elle-même a qualifié l'exploit sur son site officiel de lupenreiner Hattrick.
Le cas n'est pas isolé. Une source officielle de la Bundesliga elle-même a recensé une autre paire de cas lors de la même journée, la 23e de la saison 2024/25, le 22 février 2025 : Serhou Guirassy a inscrit les trois buts du Borussia Dortmund aux 75e, 80e et 83e minutes face à l'Union Berlin, et Alexis Claude-Maurice a fait de même avec Augsbourg aux 55e, 61e et 70e minutes face à Mönchengladbach lui-même, deux lupenreiner Hattrick lors de la même journée.
Aucune des cinq autres langues de ce guide n'a inscrit la même condition dans son dictionnaire. L'anglais, l'espagnol, le français, l'italien et le portugais traitent trois buts dans le même match comme un triplé, un point c'est tout, et réservent la version stricte à un simple adjectif, classique ou parfait. Aucune source historique retrouvée pour ce guide n'explique pourquoi. Ce qui reste constatable, c'est la régularité : la même langue qui a aussi produit Dreierpack, Doppelpack et les plus lâches Viererpack et Fünferpack, ces deux derniers n'étant même pas entrés dans le Duden, est celle qui aime nommer l'exception avec la précision d'un règlement.
L'expression est empruntée au cricket. Dans l'Angleterre du XIXe siècle, le lanceur qui éliminait trois adversaires avec trois balles consécutives recevait un chapeau, parfois financé par une collecte parmi les spectateurs, parfois offert par son club. Le football a adopté la formule au moment de sa professionnalisation, et l'image du chapeau comme récompense d'un exploit rare a survécu à la coutume elle-même. Il en reste une trace : le buteur des trois réalisations repart aujourd'hui encore avec le ballon du match.
L'origine la plus souvent racontée situe le triplé sur un terrain de cricket anglais. En 1858, le lanceur professionnel Heathfield Harman Stephenson, du Surrey, jouait pour la sélection All-England Eleven contre vingt-deux amateurs de Hallam et de Staveley quand il a éliminé trois batteurs avec trois balles consécutives, au Hyde Park Ground de Sheffield, un terrain qui emprunte le nom du parc de Londres sans en être un. Le récit de l'époque, publié dans le journal Bell's Life in London and Sporting Chronicle le 12 septembre 1858, indique que l'exploit lui a valu un chapeau neuf, offert par son équipe.
Le mot lui-même est plus récent que l'exploit. Le récit de 1858 parle d'un chapeau, pas d'un hat-trick, et la date exacte de la première apparition imprimée de l'expression reste incertaine : une version cite 1865, dans un journal de Chelmsford ; une autre cite le 28 août 1878, quand le lanceur australien Fred Spofforth a éliminé trois batteurs anglais d'affilée à Hastings, exploit que le journal The Sportsman a consigné dès le lendemain, près de vingt ans après Stephenson. Le football n'a jamais hérité du chapeau lui-même, seulement de la métaphore : offrir le ballon du match à l'auteur du triplé est une coutume propre au football, sans lien documenté avec la récompense du cricket, en dehors du nom que les deux partagent.
Des repères stables dans l'histoire
L'histoire fournit des repères stables. Le triplé le plus célèbre demeure celui de Geoff Hurst avec l'Angleterre en finale de Coupe du monde 1966, le premier dans un match décisif du tournoi et, pendant de longues décennies, le seul. Le football français a aussi ses gestes signés : la talonnade victorieuse de Rabah Madjer en finale de Coupe d'Europe a donné son nom au madjer. La rareté de ces performances, dans un football d'organisation défensive et de rotations, explique leur statut de folklore.
Avant Mbappé, seul Geoff Hurst avait réussi cet exploit. En finale 2022, le Français a marqué à la 80e minute sur penalty, puis a inscrit un autre but peu après pour égaliser à 2-2 face à une Argentine jusque là menante. La France a quand même subi la reprise d'avantage argentine en prolongation, mais Mbappé a transformé un troisième but, encore sur penalty, à la 118e minute, dans le temps de jeu et avant toute séance de tirs au but, portant le score à 3-3. L'Argentine a soulevé le trophée aux tirs au but, 4-2, mais le triplé de Mbappé était déjà acquis, le deuxième de l'histoire en finale de Coupe du monde, près de soixante ans après Hurst.
La finale 2026, disputée le 19 juillet, s'est terminée sur un Espagne 1, Argentine 0, but de Ferran Torres en prolongation, sans aucun triplé sur la pelouse : à la date de vérification de cet article, Hurst et Mbappé restent les deux seuls.
| Record | Qui, quand |
|---|---|
| Triplé le plus rapide de l'histoire de la Premier League | Sadio Mané, 2 minutes 56 secondes, Southampton 6-1 Aston Villa, 16 mai 2015 |
| Premier triplé en finale de Coupe du monde | Geoff Hurst, Angleterre 4-2 Allemagne de l'Ouest, 1966 |
| Deuxième triplé en finale de Coupe du monde ; la finale 2026 n'en a pas connu | Kylian Mbappé, France 3-3 Argentine, Argentine championne aux tirs au but 4-2, 2022 |
| Premier triplé sur penalty de l'histoire de la Premier League | Justin Kluivert, avec Bournemouth, trois penaltys lors de Wolverhampton 2-4 Bournemouth, le 30 novembre 2024 |
| Plus grand nombre de buts d'un joueur dans un seul match de Coupe du monde | 5 buts, le même total dans les deux tournois : Oleg Salenko, Russie 6-1 Cameroun, 28 juin 1994 ; Michelle Akers, États-Unis 7-0 Taïpei chinois, 24 novembre 1991 ; Alex Morgan, États-Unis 13-0 Thaïlande, 11 juin 2019 |
La Coupe du monde 2026 s'est assuré une place dans cette liste avant même que la finale ne se joue. Lionel Messi a ouvert le compteur lors du premier match de l'Argentine, avec trois buts face à l'Algérie le 16 juin. Jonathan David a fait de même avec le Canada, lors du 6-0 contre le Qatar deux jours plus tard. Ousmane Dembélé a inscrit les trois buts français lors du 4-1 face à la Norvège, le 26 juin. Et Bukayo Saka a clôturé la liste dès les phases finales, avec trois buts lors du 6-4 infligé à la France elle-même, en match pour la troisième place, le 18 juillet. Quatre triplés en une seule Coupe du monde, et aucun en finale.
Le record de buts d'un joueur lors d'un seul match de Coupe du monde est le même dans les deux tournois : cinq buts. Chez les hommes, il appartient à Oleg Salenko, avec la Russie, lors du 6-1 infligé au Cameroun le 28 juin 1994. Chez les femmes, le total a été atteint deux fois : par Michelle Akers, avec les États-Unis, lors du 7-0 infligé au Taïpei chinois le 24 novembre 1991, et par Alex Morgan, également avec les États-Unis, lors du 13-0 infligé à la Thaïlande le 11 juin 2019. En 2026, aucun ne s'en est approché : les quatre triplés du tournoi se sont arrêtés à trois buts chacun.
Un triplé en un match est un fait daté, réglé au coup de sifflet final. Un total de triplés sur une carrière, c'est autre chose, parce que ça change chaque semaine où le joueur continue de jouer, et c'est justement là que trébuche la comparaison qui circule le plus sur les réseaux sociaux. Le record reconnu par le Guinness World Records n'appartient même à aucun des quatre noms qui dominent cette comparaison : il est à Pelé, avec 92 triplés entre Santos, le New York Cosmos et la sélection brésilienne, un chiffre d'une autre époque qui n'a toujours pas de challenger sérieux.
| Joueur | Ce qui est vérifiable | Source et date |
|---|---|---|
| Cristiano Ronaldo | 66 triplés, club et sélection confondus | Planet Football, 30 août 2026 |
| Lionel Messi | 62 triplés, club et sélection confondus, en comptant déjà celui de la Coupe du monde 2026 contre l'Algérie | Planet Football, 30 août 2026 |
| Robert Lewandowski | 6 triplés avec la Pologne, mais le chiffre ne circule que sur des sites de statistiques de supporters, sans décompte officiel de la fédération polonaise ; aucun total de carrière fiable, tous clubs confondus, n'a été trouvé | sites de statistiques, pas la fédération, jusqu'au 10 octobre 2019 |
| Harry Kane | 9 triplés en Bundesliga uniquement, hors Premier League et sélection, aucun total de carrière fiable disponible à la date de cet article | Bundesliga.com, 23 septembre 2025 |
Le vocabulaire se démultiplie d'une langue à l'autre. L'espagnol dit poker pour quatre buts ; manita n'est pas un total individuel, c'est le score quand une équipe gagne cinq buts à zéro, un surnom popularisé par les clásicos entre le Real Madrid et le Barça ; l'italien empile doppietta, tripletta, poker et pokerissimo ; l'allemand aligne Doppelpack, Dreierpack et Viererpack ; le français préfère doublé, triplé, quadruplé, quintuplé. L'anglais, curieusement, n'a jamais fixé de mot au-delà de hat-trick. Attention au faux ami : en espagnol, triplete désigne le plus souvent trois trophées en une saison, pas trois buts en un après-midi.
Le glossaire des six langues
La comparaison derrière ce tableau cache un piège dans presque toutes les langues, pas seulement en espagnol. En portugais, tripleta apparaît parfois dans les titres pour trois TITRES remportés dans la même saison, le même glissement que l'espagnol fait avec triplete, un mot que la RAE ne reconnaît dans le sens de trois buts d'un joueur que depuis 2021, à côté du sens plus ancien de trois titres, et mélanger les deux sens sans prévenir laisse le lecteur incertain de savoir si l'article parle d'un but ou d'un trophée. L'allemand porte la même ambiguïté chez lui : le Duden donne un second sens à Hattrick, n'importe quel triple succès dans un championnat ou assimilé, sans exiger le moindre but, et seul le contexte distingue cela de trois buts dans un match.
| Buts d'un joueur | Français | Anglais | Espagnol | Allemand | Italien | Portugais |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 | doublé | brace | doblete | Doppelpack | doppietta | décrit, a marqué deux fois |
| 3 | triplé | hat-trick | hat-trick | Hattrick ou Dreierpack | tripletta | hat-trick |
| 4 | quadruplé | décrit, four-goal haul | póker | Viererpack | poker | poker |
| 5 | quintuplé | décrit, five-goal haul | décrit, cinco goles | Fünferpack | pokerissimo ou cinquina | décrit, cinco gols |
Ce tableau cache une asymétrie qu'il vaut la peine de signaler. Doppietta, en italien, hat-trick, en anglais et en portugais, et Hattrick, en allemand, ont une entrée de dictionnaire qui désigne déjà le but au football ; l'espagnol a lui aussi une entrée, mais pour un autre mot : la Fundéu recommande triplete à la place de l'emprunt hat-trick, et la RAE ne reconnaît ce sens, trois buts d'un joueur, dans triplete que depuis 2021, même si la presse hispanophone continue de préférer hat-trick au quotidien. Le français ne garde le sens de but que dans le Wiktionnaire, pas dans le Larousse. L'allemand, de son côté, a Viererpack et Fünferpack qui circulent dans la presse sans jamais être entrés dans le Duden. Et pokerissimo, le plus charmant des cinq, sert aussi bien pour un joueur qui marque cinq buts que pour une équipe qui gagne cinq à zéro, une ambiguïté que la presse italienne résout rarement.
Hors de la surface, chaque geste a son nom. Une cage inviolée, ou clean sheet, désigne un match sans encaisser ; le caviar est la passe décisive parfaite ; le petit pont fait passer le ballon entre les jambes de l'adversaire, la lucarne désigne l'angle supérieur du but. La panenka, penalty piqué au centre, porte le nom du milieu tchèque qui l'osa lors d'une séance décisive en finale européenne. L'erreur commune consiste à croire ces termes officiels : ce sont des conventions vivantes, et c'est leur force.
Autres gestes, autres noms
Le hat-trick et le poker ont une paternité et une date de naissance discutables, mais au moins un coupable probable. Beaucoup d'autres gestes du football se disputent leur propre paternité entre deux ou trois pays à la fois, et la seule honnêteté possible consiste à raconter le désaccord, pas à faire comme s'il n'existait pas.
| Geste | Origine | Quand et où |
|---|---|---|
| Panenka | Antonín Panenka, sur le cinquième tir au but de la séance en finale de l'Euro contre l'Allemagne de l'Ouest | 20 juin 1976, stade de l'Étoile Rouge, Belgrade |
| But olympique, corner direct | Cesáreo Onzari, directement sur corner face à l'Uruguay, alors champion olympique en titre | 2 octobre 1924, Buenos Aires |
| Rabona | Ricardo Infante, de l'Estudiantes de La Plata, la jambe droite croisée derrière la gauche ; les sources se contredisent sur l'action à l'origine du but, un tir à environ 35 mètres sur le rebond d'un tir de Julio Gagliardo (la version la plus répandue, y compris sur le site du club lui-même) ou un rebond de courte distance après un tir sur le poteau ; le magazine "El Gráfico" a écrit le 7 octobre 1948 que l'action "no tiene reconstrucción posible" | 19 septembre 1948, contre Rosario Central |
| Retourné acrobatique | Disputé entre trois pays : le Chilien Ramón Unzaga vers 1914, des dockers du port péruvien de Callao dès environ 1892, la chalaca, et le Brésilien Petronilho de Brito, à qui Leônidas da Silva lui-même attribuait le geste | aucun consensus, la CONMEBOL elle-même le traite comme un débat ouvert |
| Trivela, frappe de l'extérieur du pied | Le geste est bien défini, une frappe de l'extérieur du pied pour donner de l'effet au ballon ; l'origine du mot est jugée obscure par les dictionnaires portugais | aucune date d'origine fiable |
La trivela est le cas le plus curieux : le geste a un nom bien établi et une définition de dictionnaire, mais personne ne sait avec certitude d'où vient le mot, et la théorie la plus répétée, un outil de charpentier qui tourne comme le pied du joueur, n'apparaît dans aucun dictionnaire sérieux consulté pour cet article. Le nutmeg anglais, ce petit pont qui passe le ballon entre les jambes de l'adversaire, souffre du même problème : l'explication la plus racontée, liée à une fraude sur le commerce de la noix de muscade au dix-neuvième siècle, est en concurrence avec au moins deux autres théories, et aucun chercheur n'a tranché laquelle est la bonne. Le football adore une étymologie de comptoir. Elle ne résiste pas toujours à la vérification.
Un triplé devrait-il exiger trois buts d'affilée ?
Nous avons corrigé une erreur : nous disions qu'en espagnol, "manita" désigne cinq buts d'un même joueur. Manita est le score quand une équipe gagne 5 à 0, pas le total d'un seul joueur.
Nous avons corrigé un détail sur l'origine de la rabona : le récit de l'époque (journaux El Mundo et Democracia, 19 septembre 1948) décrit un rebond à courte distance après un tir sur le poteau, pas un tir depuis 35 mètres.
Correction (21 septembre 2026) : le texte affirmait que le record masculin de buts lors d'un seul match de Coupe du monde "est bien plus modeste que le record féminin" ; le record est en réalité le même dans les deux tournois, cinq buts, pour Oleg Salenko (1994) chez les hommes et pour Michelle Akers (1991) et Alex Morgan (2019) chez les femmes. Il affirmait aussi que "la Bundesliga a offert un cas d'école" pour le triplé de Niko Horvat : il s'agissait d'un match de l'équipe U17, en quart de finale de la DFB-Nachwuchsliga, pas de la Bundesliga professionnelle. Nous avons retiré l'attribution à la NPR d'une phrase que cette radio n'a jamais dite, selon laquelle "les archives ne suffisent pas à fixer la date" de la première apparition imprimée de "hat-trick". Et la correction de cet après-midi sur la rabona de Ricardo Infante présentait comme certaine la version d'un rebond "à courte distance après un tir sur le poteau", alors que les sources d'époque se contredisent : la version la plus répandue, y compris sur le site du club même d'Infante, évoque un tir à environ 35 mètres, pas un contact de courte distance. Le tableau des records répétait l'erreur, avec seulement les deux Américaines à la ligne du plus grand nombre de buts en un match de Coupe du monde : les trois y figurent désormais.
À lire aussi
- FIFA: Video Vault: England's hat-trick hero makes history (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Premier League: Kluivert makes Premier League history with penalty hat-trick (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Premier League: Premier League Golden Glove - what is the goalkeeper award for clean sheets? (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- RAE: manita, Diccionario de la lengua espanola, RAE-ASALE (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Fundeu BBVA: manito / manita, FundeuRAE (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- RAE: poquer, Diccionario de la lengua espanola, RAE-ASALE (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Fundeu BBVA: hat-trick en espanol es triplete, FundeuRAE (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Duden: Hattrick, Rechtschreibung, Bedeutung, Definition, Herkunft (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- DFB: Lupenreiner Horvat-Hattrick laesst Moenchengladbach jubeln (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Fussball-Fragen: Was ist ein lupenreiner Hattrick? (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- NPR: From gifting a hat to tossing them onto the rink, a history of hat tricks in sports (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Merriam-Webster: Hat Trick, Definition and Meaning (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Cricket Country: Hat-trick: The origins of the term (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- UEFA.com: Panenka makes his name as Czechoslovakia beat West Germany in EURO 1976 final shoot-out (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Pagina/12: El gol olimpico de Cesareo Onzari (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- CIHF, Centro de Investigacion en Historia del Futbol: Ricardo Infante, el inventor de la rabona (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- CONMEBOL.com: Chilena, Chalaca ou Bicicleta, um monumento ao futebol (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Ciberduvidas da Lingua Portuguesa: A origem e o significado da palavra trivela (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Premier League: What Is The Premier League's Goal Accreditation Panel? (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Premier League: Where does Amad's hat-trick rank among fastest EVER? (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- CBS News: Spain wins 2026 FIFA World Cup with grueling 1-0 victory over Argentina (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Sky Sports: Argentina 3-3 France (4-2 on pens): Lionel Messi leads Argentina to World Cup glory… (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- ESPN: Which players have scored a hat trick in the World Cup? (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Al Jazeera: Saka hat-trick helps England down France to win World Cup 2026 Bronze Final (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Planet Football: Lionel Messi vs Cristiano Ronaldo: Who has scored more career hat-tricks? (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Bundesliga.com: Bayern Munich's hat-trick king Harry Kane closing on Bundesliga top five (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Opta Analyst: Opta Football Stats Definitions (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- IFAB: Law 10, The Outcome of a Match (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Goal.com: Do penalty shoot-out wins count as wins or draws in record runs? (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- FIFA: Oleg Salenko record | Most goals in game | 1994 World Cup (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- FIFA: Michelle Akers: Women's World Cup legend (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Estudiantes de La Plata: Infante, el inventor de la rabona (s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Un Caño: La primera rabona (s'ouvre dans un nouvel onglet)
Questions fréquentes
- Pourquoi dit-on hat-trick ?
- Le terme vient du cricket, où le lanceur qui éliminait trois adversaires avec trois balles consécutives recevait un chapeau. Le football a repris l'expression pour trois buts d'un même joueur, et l'idée de récompense subsiste dans la coutume d'offrir le ballon du match au buteur.
- Combien de buts pour un poker ?
- Un poker correspond à quatre buts du même joueur dans un match, ce que le français appelle aussi un quadruplé. Cinq buts se disent quintuplé en français. En espagnol, manita ne convient pas pour ça, le mot désigne le score quand une équipe gagne cinq buts à zéro, pas le total d'un seul joueur ; en italien, pokerissimo est l'usage courant, même si aucun dictionnaire ne l'a encore consigné.
- Qu'est-ce qu'un hat-trick parfait ?
- C'est un triplé composé d'un but du pied droit, d'un du pied gauche et d'un de la tête, dans n'importe quel ordre. La distinction n'a rien d'officiel : elle sert à souligner la polyvalence d'un attaquant.






